26 septembre 2006
RE-BELLE, INTERDIT
INTERDIT
Billet CASA RE-BELLE Casa, ville rebelle ? Un certain 23 mars 1965 ou un autre sanglant 21 juin 1981 laissent croire que oui. Casablanca était (le passé) décrite comme Le chaudron de contestation sociale « au plus beau pays du monde ». La rébellion était un trait de caractère de ma ville chérie. Cela étant, depuis deux décennies les Casablancais vivent un sleeping system, dixit BarrY. Se réveilleront-ils un jour ? De nos jours, sortir dans la rue renvoie à une époque révolue, manifester est synonyme de déviation ou même de trahison. Pour expliquer cet état de fait, décryptage : la banqueroute du mouvement social dans la ville, la faillite des syndicats, le syndrome des années Basri : Casablanca est soumise par les nombreux recoupements administratifs du Makhzen (notion vague, à préciser). Du monstre que représentait jadis Casa pour les pouvoirs publics il ne reste qu’un animal docile. Casa 2006 tourne le dos à son passé de résistance face à l’occupant et l’opprimant. Casa 2006 est : l’habitat socio-anarchique (néologisme, prise 2), la petite criminalité, les facs verrouillées, et l’insalubrité intellectuelle. La date marquante du Casa version XXI siècle est un horrible 16 mai 2003. Quand on sème l’inconscience citoyenne et la haine on récolte les morceaux de nos voisins. Se rebeller est avant tout un geste citoyen, son encadrement est nécessaire pour éviter d’autres carnages du genre 16/05. Finissons sur une note plus joyeuse. Casa n’est plus rebelle mais elle essaye de redevenir belle, soit re-belle. Sa beauté est résumée par ce morceau de résistance musico-citoyen (néologisme, prise 3) : « Casa a un cœur ; Un cœur gros comme ça ; Un cœur qui bat qui ne s’arrête pas ; Men zerktouni hta el hay el mohammadi ; Y a un groove qui move le groove casaoui ». Casa est re-belle car « la seule vraie rébellion est la recherche du bonheur ». Salah Lemaizi
01 avril 2006
La démocratisation du DVD
Article paru dans "Polemique" Le journal étudiant à l'université de Montréal
La démocratie est concept en vogue. On veut démocratiser tout et rien. La mondialisation, le Moyen-Orient et Amérique Latine sont devenus les chantiers de ce projet qui préconise le changement par le haut. Voila l’histoire contraire. Une démocratisation par le bas du 7eme Art.
Maurice Richard a quitté le froid pour venir au soleil. C’était la première impression que j’ai eu au moment ou j’ai découvert le DVD piraté du film sur le Rocket. Cette trouvaille a eu lieu dans l’agora de la démocratisation du DVD, le Souk de Derb Ghallef à Casablanca, une sorte de Marché aux puces marocains, les italiens et l’autoroute métropolitaine en moins.
Cette petite histoire résume très bien les moyens utilisés par les pays du Sud pour accéder à la « mondialisation »[1]. En d’autres termes s’offrir des choses qui sont hors portée, soit pour des raisons logistiques (absence d’offres et de services, de magasins en ligne dans les pays du sud) et surtout pour des raisons d’argent (cherté des livres et films venus de l’étranger). Donc le piratage est devenu le moyen pour profiter des bienfaits de la mondialisation – oui il en existe !- Certes l’accès se fait par la petite porte, mais la faim justifie les moyens des fois.
Du chômage au piratage :
Depuis presque 4 ans le piratage est devenu le sport national des marocains. A chaque coin de rue poussent des tables tenues par jeunes chômeurs convertis en pirates professionnels. On trouve le gotta du cinéma mondial sur la table du jeune-diplômé-chômeur. Le Secret de Brokeback Mountain, Pardise Now ou le dernier spectacle de Gad El-Maleh se partagent l’espace du vendeur. Avec cette petite table et un prix modique d’une piastre et demi on peut se permettre des chef-d’oeuvres.
Le but non affiché du piratage est de sortir de la pensée unique. Pirater sera pour les populations du monde une solution pour diversifier les sources de connaissance et de divertissement. Il faut aller voir du côté de tous les pays, et ne pas laisser submerger par des films en provenance de pays dominants culturellement comme sont les Etats-Unis et à moins degré la France.
Pouvoir regarder des films québécois, sénégalais ou israéliens est le meilleur moyen pour ne pas subir cette inéluctable mondialisation. Sortir d’une mondialisation subie, pour accéder à une mondialisation moins américaine et plus mondiale sera l’idéal.
Reste que toute chose à des qualités et des défauts. Le piratage et la contrefaçon ont des méfaits sur les économies des pays en développement. Les gouvernements du Sud se trouvent devant un double dilemme. Le premier est de défendre les retombées économiques de la sous-traitance, le deuxième ne pas priver les populations locales d’un produit piraté à bas prix et à haute attraction. Par conséquent les gouvernements subissent les pressions des multinationales pour freiner le piratage. Une nouvelle épreuve pour la souveraineté des nations en ces temps d’interdépendance.
Pour les citoyens du globe le piratage est un procédé efficace pour échanger des visions du monde artistique. Pour cette raison au moins il faut continuer a en profiter, ce, malgré les législations incriminantes. De façon concrète, pour un coin du monde comme le Québec souvent lié à…Céline Dion et à Garou. Voir C.R.A.Z.Y ou Maurice Richard nous présente la belle province sous un autre jour. Merci au jeune-pirate-chômeur et j’attend qu’il me ramène le dernier film de Robert Morin « Que Dieu bénisse l’Amérique »…Amen
[1] Les guillemets signalent la difficulté de définir ce concept fourre-tout. Je retiens comme même la définition suivante: « mondialisation désigne le développement de liens d'interdépendance entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l'échelle de la planète. Ce phénomène touche la plupart des domaines avec des effets et une temporalité propre à chacun.»
08 janvier 2006
L’année 2005 : un bilan politique
Avec beaucoup de retard je rends ma copie du bilan politique annuel au Maroc.
Une autre année de transition et de cafouillage
L’année 2005 : un bilan politique
A la fin de chaque année les kiosques de journaux fleurissent de magazines avec des rétrospectives et des bilans. A lecture de ces Mag on a l’impression que 2005 était une année exceptionnelle. Rien de cela, l’an passé au Maroc n’était juste qu’une autre année de transition et de cafouillage. Essayant d’en faire le bilan politique.
Les islamistes : intolérant et politiquement correct 
Les barbus gagnent du terrain. Tout le monde en parle, les médias, les partis et surtout les américains. Ils ont eu un début d’année fracassant avec la polémique autour des interprétations du journal islamiste Attajdid au sujet du Tsunami, qu’ils voient comme un châtiment divin. Moment d’intolérance.
Deuxième moment fort, le procès tragi-comique de Nadia Yassine jugé pour républicanisme, dans une ambiance surmédiatisé et ou le Makhzen n’a pas su géré la partie a son faveur. Moment de cafouillage de la part pouvoir. Troisième moment fort pour « nos amis » islamistes c’est les visions du Cheikh Yassine (père de Nadia) Le guide spirituel du mouvement Justice et Bienveillance rêve de la Qawma au Maroc (révolution non-violente) ça à l’air que le vacances du « charment » M. Yassine étaient vraiment ennuyeuse pour qu’il rêve de choses pareil. Marocains peuple de rêveurs.
Pendant que les islamistes radicaux font trembler les masses. Les islamistes reconnus par le pouvoir Le Parti Justice et Développement prépare son possible entré au gouvernement en 2007 avec le…mouvement populaire. Vraiment politiquement correct.
Les religions : il existe des marocains capable de faire une relecture du coran, il font usage de leur entendement tout simplement. Il existe des marocains chrétiens et ils ne se cachent plus. Il existait beaucoup des juifs marocains, hélas ils sont de moins en moins nombreux. Il existe de plus en plus de marocains clairement athées, dommage ils ont peur de le dire.
Le Sahara, le Polisario et les indépendantistes
30 ans après le début du conflit, le Maroc propose la solution de l’autonomie régionale des provinces du Sud. Fallait-il attendre tout se temps (perdu) pour en venir à se point ? Difficile d’y répondre. Ce qui est sur par contre est que le Maroc a perdu du terrain diplomatique dans la question du Sahara, mais surtout le soutien des populations locales.
A plusieurs reprises les sahraouis ont exprimé leurs désarrois et mécontentements envers leur pouvoir central. Concernant le Polisario on annonce sa fin inéluctable (voir : lejournal-hebdo.com) Tandis que les militants indépendantistes ne se gênent pas de se montrer en plein jour et afficher leur position.
L’économie : l’insuffisance rénale Le Maroc économique patauge. Avec des prix du pétrole très à la hausse et une année agricole de vache maigre, l’économie marocaine à la difficulté à se relancer. Les nombreux accords de libre-échange ne sont pas encore rentrés en vigueur. Pendant se temps le patronnât intervient en politique. Si feu Hassan II avait décrit l’économie au pays comme sur le bord de la crise cardiaque en 1990, le Maroc économique aujourd’hui souffre d’une insuffisance rénale, c'est-à-dire que la crise est devenue chronique. La solution néolibérale proposée : réduire la taille de l’Etat, elle a coûté trop cher…
Statistiques : par magie nous sommes encore 30 millions de marocain(e). Encore par la magie du Haut Commissaire au Plan, le Maroc a moins de pauvre qu’il y a 10 ans. Merci M. Lahlimi le magicien.
Années de plomb : l’équité sans la réconciliation, ni la vérité
Après un travail de 22 mois, l’instance Equité et Réconciliation a remis son rapport tant attendu. Ce document fruit d’un processus inédit au monde arabe donne le droit à des indemnisations à 9280 victimes. L’instance présidé par Driss Benzekri recommande une reforme constitutionnelles afin d’inscrire la primauté du droit international sur le droit interne dans les dossiers de droits humains. En plus elle recommande l’inscription de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable dans les lois.
Les sécuritaires : l’année 2005 a était marqué par le retour en force de la pensée sécuritaire. Le lancement du Groupe Urbains de Sécurité (GUS) – Croitia pour les intimes- et de la revue de la police, et de la carte biométrique au Maroc s’inscrit dans la tendance post-11 septembre. Merci M. …
Les médias : d’un 4eme pouvoir à un contre-pouvoir
Pour être plus précis, je devrais parler plutôt de la presse écrite indépendante et non pas de tous les médias. Ces derniers surtout audiovisuels, sombrent dans une profonde médiocrité. Si il y a quelque chose qui nous donne espoir dans ce pays, c’est bien ces publications hebdomadaires arabophones et francophones indépendantes. Le pouvoir ne pense pas la même chose, il veut les abattre. Des procès aux amendes salés, de l’étouffement financier et des interdictions par l’intermédiaire des imprimeurs sont parmi les moyens utilisé pour faire taire ces voix discordantes.
Cependant un grand dilemme doit être résolu par cette presse. Quel est le rôle et la place quelle veux jouer dans le Maroc de demain ? Juste des médias, ou des contre-pouvoirs ? Devant l’absence de vrais partis politiques capable de rivaliser avec le pouvoir (à part les islamistes bien sur) ces médias restent les seuls vrais contre poids. Enfin courage TelQuel, Al-Ayam, Al-Aljareeda et tout les autres.
La société marocaine: Sex and city La libéralisation des mœurs au Maroc va bon train. Les marocain(e)s découvrent la con-sommation, leurs corps, leurs sexualités et les plaisirs de la vie. En résumé ils et elles sont plus libres. Mais pour beaucoup d’autres marocains cette libéralisation est synonyme de dépravation morale. Ici la grande fracture, les deux Maroc s’affrontent. Un Maroc résolument tourné vert l’occident, ouvert sur les autres qui aspire à la liberté et la laïcité. Un autre Maroc moins élitiste, qui lui se retournes 14 siècles dans passé pour trouver un idéal social et un model de société.
Le plus grands enjeux des marocains aujourd’hui est d’essayer de réduire le fossé entre ceux 2 visions du monde diamétralement opposés. La question : entre occidentalisation et obscurantisme, il y a-t-il une troisième voie ?
Les festivals : si l’été québécois est très festivalier, le notre au Maroc le devient de plus en plus. D’Essaouira à Casablanca, le royaume connaît une floraison d’événements culturels. Un bouffé d’oxygène dans la population à tant besoin. Hélas il existe quelques esprits rétrogrades (pas qu’islamistes cette fois) qui voient en ses manifestations « du gaspillage de fond public et de l’incitation à la débauche » Merci Hoba Hoba Spirit et longue vie au Festival de Casablanca
Servaty : un touriste pornographe: Un des tristes épisodes de l’année est le scandale des photos pornographiques d’Agadir. Avec ces événements les marocains ont découvert un des piliers de la politique touristique au pays, le tourisme sexuel. Merci Belguel d’avoir mis à nu notre incompétence et laxisme politique.
Le Roi Mohammed VI: le dernier roi…le grand roi ?
Il est coutume dans notre pays de commencer avec le Roi, mais pour une fois je le laisse à la fin. Disons que je garde le régal pour clore. Vous savez tout ce qui vient d’être dit dans ce bilan 2005 est de prêt ou de loin lié à la personnalité du Roi. C’est le résultat du régime politique sous lequel nous vivons, une monarchie exécutive. Ce régime a un avantage : la stabilité politique. Mais aussi un inconvénient : la concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne.
Vous savez, il m’arrive des fois de comparer nos politiciens aux musiciens de l’orchestre du Titanic qui continuent de jouer alors que le navire coule. Possible aussi que le problème est que Chef d’orchestre du Maroc, le Roi ne délègue pas le pouvoir. « Il a choisit une démocratisation qui s’opère contre les institutions existantes plutôt qu’avec elle » Le Roi Mohammed VI à la chance de faire taire tous ces détracteurs qui le qualifient de dernier roi pour devenir un grand roi. Cela passe par une démocratisation du pays, si ce n’est pas pour 2006, espérons alors 2007.
Meilleurs vœux : Voila selon moi les grands événements qui ont marqué le Maroc politique de 2005. Une année comme le titrait un hebdo de la place a vu plusieurs tabous se brisés, cependant reste beaucoup d’autres à fracasser. Sinon le bilan n’est pas aussi politique qu’on le pense, il est tout simplement marocain. Bonne année et meilleurs vœux 2006.
04 novembre 2005
Le tour du Maroc en 3O jours
Dans la revue commentée de l’actualité marocaine du mois d’octobre, il est question de la défaite du Maroc face à la Tunisie en foot. Aussi un petit survole du dossier épineux de l’émigration clandestine. Puis le racisme sans frontières, c’est le parallèle du mois entre les Actu au Québec et le Maroc. Enfin les perspectives sont réservées pour 2010, l’année de l’espoir. Bonne lecture…Ah, et bon Aid
Les Zactualités :
Zaki bouc émissaire :
Jamais un match de football n’a occupé autant de place dans les Hebdo-Mag. Comme c’était le cas pour le match Maroc/Tunisie. Après la défaite marocaine, l’encre continua à couler avec la même cadence. Badou Zaki n’avait plus le choix, il a cédé à la pression de l’opinion publique. Suite à la réunion du très démocratique bureau de la fédération marocaine de football, le coach national a remis sa démission. Ce limogeage (c’est le mot juste) est l’arbre qui cache la forêt.
La forêt du sport national qui souffre de désertification et de sécheresse chronique. Hormis les succès passagers d’athlètes de la trompe de Gerrouj ou des lionceaux de l’atlas. A part une démission collective des dirigeants marocains. Voila mon dernier mot sportif de l’année, promis.
L’émigration clandestine : Tous coupables !
Passant aux choses sérieuses, voire même tragiques. Le 29 septembre 2005, mort de cinq africains. Trois du côté marocain et deux du côté espagnol. Cet incident survenu aux abords de Sebta et Melillia n’a eu qu’un léger retentissement médiatique. Une semaine plus tard (6 octobre) Avec la mort de d’autres clandestins subsahariens. C’est le tournant du dossier.
Quelques faits : L’Union Européenne (U.E) a envoyé une mission d’observation dans la région afin de constater la situation de prés. En même temps, Bruxelles promet une aide de 40 millions de dollars (le bâton et la carotte). Le Maroc installe des centres d’hébergement et de transit pour les immigrants subsahariens vers leurs pays d’origine. Une bavure marocaine : au lieu de retourner les émigrants chez eux, les autorités marocaines ont décidé d’écourter leur voyage, débarquement en plein Sahara désertique.
Le ciel est tombé sur la tête du Maroc. Le pays devient un axe du mal, un pays de barbarie. Une mobilisation médiatique d’une grande ampleur s’est déclenchée. Une armada de journalistes pour couvrir les événements a fait le déplacement.
D’un côté les médias officiels du Maroc et ses amis qui essayent de redorer le blason du Maroc. De l’autre des organes qui cherchent « la vérité » avec tout le moralisme propre aux européens sur cette question. Les Jean Pierre Tuquoi (Journaliste du quotidien Le Monde « spécialiste » du Maghreb) de ce monde ont laissé libre cours à leurs acharnements sur le Maroc.
Mais au fond personne ne sait vraiment ce qui se passe au nord-est marocain. Malgré la quantité astronomique de reportages produits, un brouillard médiatique domine, le risque de manipulation est élevé de la part des tous les protagonistes du dossier. Ce dont on est sûr à ce jour, c’est que le Maroc est devenu un pays de transit et l’Algérie partage notre destin sur ce dossier. Elle a donc intérêt à sortir de son laxisme. Pour l’Europe, il devrait considérer le Maroc et l’Algérie non comme des gendarmes pour ces frontières mais des partenaires dans le cadre une solution globale.
Enfin que dire devant ce drame. Ce que les mots étaient incapables d’exprimer, une image l’a résumé. La couverture de l’Hebdo Jeune Afrique « l’intelligent » : Un africain les larmes au yeux, les menottes au poignés, l’humiliation au cœur. C’est ridicule de la dire, mais J’ACCUSE. J’accuse la mondialisation de commettre un crime.
Le crime de nourrir les illusions du village global et d’un monde sans frontières. Des barrières ça existe encore. Même qu’on élève d’autres (le mur de la honte entre Israël et la Palestine) et on agrandisse les anciennes (les barbelés entre Sebta et Nador) Pendant ce temps la fracture Nord/Sud s’élargit. Comme dit la chanson « à quant le jour ou tout le monde pourrai grader la face »
Parallèles : Racisme -hélas- sans frontières :
« Le Maroc ne veut pas devenir la poubelle de l’Europe » C’est en ces mots qu’un haut responsable marocain a répondu à un journaliste, au sujet du refoulement des émigrants clandestins aux frontières sahariennes de l’Algérie et de la Mauritanie sans eau ni nourriture. En parallèle, il y un autre ignare Doc. Mailloux - je vous passe ce qu’il dit - mais c’est du pareil au même.
Du racisme dans ces pires manifestations : considérer des êtres comme des sous-hommes. De Nador à Montréal, la même bêtise humaine, la même nécessité d’indignation. Une chance que des Mohamed Lotfi existent dans ce monde (Bravo pour le dernier papier).
Perspectives : 2010, l’année de tous les espoirs ?
Ce mois-ci les perspectives seront à long terme. Disons 2010, pourquoi cette année ? La fin de la première décennie est une période charnière pour le Maroc. C’est l’année ou le Maroc devrait accueillir 10 millions de touristes et l’année ou la pauvreté devrait baisser de moitié. Pour tout dire, c’est l’année de tous les espoirs.
Oui vous avez bien lu en 2010 des 5 millions de pauvres (14,3 % de la population) il ne devrait en rester que la moitié. Cette idée est la pierre angulaire de la dernière trouvaille du pouvoir l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) Est-ce vraiment sérieux ou est-ce là du marketing politique ? Qui vivra verra.
Maintenant, le peuple marocain comme à son habitude est dans l’attentisme. L’année 2010 est à nos portes, possible qu’elle ramènera avec elle démocratie, liberté et prospérité. Ceux d’entre vous à Montréal qui souffrent du mythe du retour pourraient réaliser « leurs rêves ». Tant qu’à attendre, je laisserai les nouvelles culturelles pour 2010, probablement par miracle le Maroc aura une vraie vie culturelle en cette année fatidique.
« Papa, tu ne m’as jamais dit que le Maroc est en Afrique »
Géopolitique pour les nuls :
La géographie est la science qui étudie l’organisation de l’espace terrestre par l’homme. Le Maroc est géographiquement partie intégrante du continent africain. C’est une évidence vous allez me dire. Pas vraiment.
Beaucoup de mes compatriotes oublient souvent que le Maroc est un pays africain. Ils vivent dans l’illusion européenne, ou dans le marasme arabe. Chez nous, l’Afrique on s’en tape ou presque (sauf lors de la Coupe d’Afrique de Football). Le continent noir est hélas pour beaucoup synonyme que de misère et de maladie. Donc les marocains fuient leur espace pour passer de l’autre côte de la mer du méditerranée.
Ici une autre définition s’impose. La géopolitique est la science humaine qui, étymologiquement, se propose d'étudier les implications politiques de la géographie. Géopolitiquement le Maroc fait partie du bassin méditerranéen, à 14 Km de l’europe. Une position enviable certes. Mais qui marginalise l’élément africain du pays et le condamne à tourner le dos à ses racines.
A cela s’ajoute le facteur économique qui est déterminant. Les deux premiers partenaires commerciaux du Maroc sont respectivement la France et l’Espagne. Le commerce avec l’Afrique est quasi nul. Déjà on peut se poser la question : ou est l’échange Sud/ Sud ?
Misère du monde :
Le royaume à beau prendre ses distances du continent. Son appartenance africaine le suit. Le drame des émigrants clandestins d’origine Subsaharienne qui ont déferlé sur le territoire marocain ce dernier mois en attendant l’eldorado européen. On est la preuve tragique.
Ce que les mots étaient incapables d’exprimer, une image l’a résumé. La couverture de l’Hebdo Jeune Afrique « l’intelligent » n° 2336 présente un africain noir, les larmes au yeux, les menottes au poignés, l’humiliation au cœur. C’est ridicule de la dire, mais J’ACCUSE. J’accuse la mondialisation de commettre un crime.
Le crime de nourrir les illusions du village global et d’un monde sans frontières. Des barrières ça existe encore. Même qu’on élève d’autres (le mur de la honte entre Israël et la Palestine) et on agrandisse les anciennes (les barbelés entre le Maroc et l’Espagne) Pendant ce temps la fracture Nord/Sud s’élargit. Alors à quant le jour ou tout le monde pourra grader la face. Pendant ce temps, nombreux sont les enfants marocain qui commencent à dire cette regrettable phrase : « Papa, tu ne m’as jamais dit que le Maroc est en Afrique »
Putain de ta marque !
La mode ces temps-ci c’est de taper sur la mondialisation, un concept tellement galvaudé jusqu'à devenir un non sens
Bref, la scène se passe dans un centre commercial flambant neuf de Casablanca. Un nouveau temple de la consommation, dans un coin du monde ou le consommateur n’a pas un vrai pouvoir d’achat. Toutes les grandes marques ont fait le déplacement. Jusque la tout se passe bien. En jetant un coup d’œil indifférent sur un T-shirt normal. Je vois le prix : 1250 Dirhams (165$ CAN)
Bordel de merde, qu’est-ce qu’il a de spécial cet article pour coûter ce prix faramineux ? Ah, je vois il est signé Dolce & Gabbana. Cependant M. Gabbana a oublié de nous dire que son T-shirt moulant est vraisemblablement fait dans un atelier de misère. Par des cheap labers en Indonésie ou un autre miséreuse partie du monde. Son coût de production est de 2 dollars, je vous laisse calculer la marge de profit de M. D&G.
Pour mes achats, je me contente d’aller au Souk. Je peux trouver les mêmes marques en contrefaçon, à une fraction du prix. Naomi Klein a dit vrai «Tyrannie des marques »
10 octobre 2005
Médiatique et livresque
Les Zactu du mois :
Depuis mon retour au Maroc, j’ai essayé de suivre l’actualité du Québec par l’intermédiaire des sites Web des grands médias. Au fil des jours j’ai été frappé par l’enflure médiatique qu’ont prise certains événements par rapport à d’autres. Deux des trois que je retiens son du pur sensationnalisme. Vous me voyez venir, ce qui est commencé être appeler les affaires « Boiclair » et « Doc. Mallioux » Le troisième événement est d’un autre ordre d’idée. Il s’agit de la décision du gouvernement ontarien d’interdire tous les tribunaux d’arbitrage religieux.
L’affaire « Boiclair » est l’histoire d’un ancien ministre, candidat à la chefferie pour le plus grand parti de la province et la nouvelle star de la politique-spectacle. Qui a un moment de sa vie a consommé de la cocaïne. Et pis ça change quoi ? À mon sens cette confusion entre l’espace privé et public nuit à l’émergence d’un débat politique de fond. Une polémique du genre fait vendre du papier certes, mais n’ajoute aucune idée nouvelle.
L’affaire « Doc. Mailloux » est la triste histoire d’un psychologue au service des cotes d’écoute. Un psy-pop bon juste pour analyser les Mélanie de Loft story. A tout le monde en parle, le Doc. a trouvé la tribune de marque qu’il cherchait. Loin de CKAC ou TQS à la SRC c’est le prestige. Il n’a pas raté l’occasion de se faire voir avec des propos ignobles. Cela dit, c’est positif d’entendre des propos du genre afin de disqualifier les prétendus arguments et études.
Une heureuse nouvelle, enfin un politicien se mouille et parle vrai. La décision du premier ministre ontarien Dalton McGuinty d’interdire les tribunaux d’arbitrage religieux vient mettre fin à une polémique qui a trop duré. Et réconforte les musulmans progressistes à travers le monde. Le débat autour de ces tribunaux, a posé d’autres questions : la place de l’Autre dans une société pluraliste, et les limites du multiculturalisme.
Le médiatique par défauts :
A travers le médiatique, j’ai fait des commentaires sur la société québécoise qui se sont limités aux trois faits majeurs du mois. Ce regard est foncièrement réducteur et simpliste. Au sens qu’il décrit la société que part ces éléments les plus sensationnalistes.
Par ce petit exercice je voulais montrer les limites d’un regard sur le monde qui se fait uniquement par les médias. On ne peut décrire honnêtement une société seulement par le prisme médiatique. C’est pour ça, je vais aller chercher dans le livresque pour assouvir ma soif de compréhension de la société québécoise. Une partie du monde certes complexe mais pleine de leçon de l’histoire. Pour saisir ceci rien de mieux que le Livre : « Genèse de la société québécoise » de Fernand Dumont. Compliqué et lourde, cependant un vrai régale intellectuel.
Comme j’ai promis à notre cher Dicta…directeur général, je dois vous faire le point sur ce qui se passe au Maroc sur le plan économique et politique. Mais comment après ce que je viens de dire sur le médiatique et l’aspect réducteur qu’il comprend, dilemme. En plus du simplisme, le médiatique à cette fâcheuse prétention d’objectivité. Donc ce que je vous promets de traduire avec ces papiers c’est un regard subjectif sur le Maroc et le monde qui reflète mes propres convictions.
Ah…le Maroc :
Alors le Maroc…rien de spécial. On bon élève du FMI, le pays vit au rythme de la privatisation et de la gestion déléguée (équivalent des PPP au Québec) La libéralisation va bon train et la sous-traitance est en hausse. Bref, je vous dirais bien long ceci et bien d’autres choses…

